Flesh and bone, mini-série

Flesh and bone, mini-série

Depuis une semaine, j'occupe mon temps perdu à regarder cette série sortie l'an passé, crée et produite par Moira Walley-Beckett avec la sublime Sarah Hay et diffusée sur Starz.

Commençons par le commencement: Flesh and bone était nominé aux Golden globes pour la meilleure actrice de mini-série et meilleure mini-série. Malheureusement pas de statuette mais cela donne une bonne idée du niveau.

RESUME

Claire vit dans la banlieue de Pittsburg avec son père gravement affaibli par la maladie et son frère, un marins sur le retour marqué par son séjour au Moyen-Orient. Son rêve d'être danseuse de ballet s'affiche partout dans sa chambre du sol au plafond. C'est pourquoi elle décide de fuir cet univers malsain et d'auditionner pour l'American Ballet de New York. Dès le départ, elle va faire preuve d'un talent tellement naturel et particulier qu'elle va finir par prendre la place de première danseuse créant de nombreuses animosités. La compagnie en pleine déroute financière arrivera-t-elle à remonter la pente grâce à un changement de cap chorégraphique et de star?

CRITIQUE

A tous ceux qui ont lu le résumé et s'imaginent qu'il ne s'agit que de danse et d'une pâle copie de Black Swan, je vous arrête de suite. Il y a plus dans Flesh and Bone que des histoires de danseuses qui souffrent et se font des coups tordus pour arriver en haut de tableau.

Non Flesh and Bone c'est avant tout le parcours d'une jeune femme au passé trouble qui va réussir à s'émanciper grâce à ses talents. Mais tout cela ne va pas sans mauvaises directions et faux pas. Qui dit danse dit une certaine sensualité et bien entendu arrivé là, le rapport au corps et au sexe ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Il est dur pour qui veut parler de danse de ne pas tomber dans les lieux communs et les sempiternelles rivalités de danseuses. Heureusement, dans cette série, l'on nous donne à découvrir une autre histoire plus noire et plus profonde, celle de cette jeune femme totalement angélique et mystérieuse. Jusqu'au dernier épisode, impossible de savoir ce qui la hante et qui elle est vraiment. Et en cela, l'on peut dire que l'effet est ménagé.

D'un point de vue esthétique, les filtres et lumières sombres sont de rigueur pour nous plonger dans un New York un peu déglingué peuplé de personnes loufoques à l'image du SDF qui campe sur le toit de la colocation de Claire et se sent investi d'une mission divine ou bien de cette colocataire squelettique au talent moyen qui passe son temps à s'envoyer en l'air... Certaines scènes sont trash, presque sorties de nulle part, si bien qu'elles maintiennent une ambiguïté dans l'intrigue qui commence à peser après cinq épisodes. L'on comprend bien que l'idée est de garder le secret de Claire le plus longtemps possible. Pourtant, l'on aimerait vraiment que les choses se clarifie et prennent parfois plus de temps, de pauses, bref, un peu de réalité et pas tout servi pêle-mêle dans les deux derniers épisodes. Les scènes de danse ne constituent pas l'essentiel des épisodes bien qu'elles en soient le sujet principal et c'est pourquoi la découverte de la chorégraphie finale (dernier épisode de la saison) est un vrai ravissement pour les amateurs de cet art.

Quant à la performance des acteurs, rien à redire. Sarah Hay est vraiment parfaite pour ce rôle parce qu'elle joue à fond la carte de la fille discrète mais qui s'assume. En parallèle, Irina Dvorovenko campe une première danseuse en fin de carrière tout à fait à l'image de ce que l'on attend: grandiloquente, séductrice et maîtresse du jeu. Mention spéciale pour Ben Daniels qui arrive à instaurer un malaise permanent dans son personnage de chorégraphe et qui amène l'essentiel de la dureté masculine.

L'on peut donc dire que l'ensemble est une belle réussite. Mon seul bémol qui n'en est pas entièrement un, c'est justement l'histoire connexe de la famille de Claire et l'intrigue complètement surréaliste qui en découlent avec le SDF qui se pose en chevalier vengeur... Je ne suis pas entièrement convaincu. Il aurait fallu pousser un peu plus les choses pour que l'on puisse y trouver un réel intérêt.

Quoi qu'il en soit, pas de saison 2 en perspective et c'est dommage. Donc si vous cherchez à perdre un peu de temps sur une série qui a déjà une fin, et que vous aimez les univers un peu noir, je vous conseille Flesh and Bone.

 

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