Leonardo Di Caprio dans The Revenant

Leonardo Di Caprio dans The Revenant

Hier soir, après trois tentatives infructueuses pour cause de salles combles, j'ai finalement réussi à voir le dernier film de Alejandro Gonzales Inarritu, The Revenant, avec Leonardo Di Caprio, Tom Hardy, Will Poutler et Forrest Goodluck (que pratiquement personne ne cite), entre autres. J'aurais dû écouter les présages, c'était une relative perte de temps.

/!\ CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS

RESUME DU FILM TEL QUE JE L’AI COMPRIS OU INCOMPRIS

Le grand nord américain, quelque part pendant la colonisation franco-britannique. Un groupe de trappeurs chassent les bêtes alentour pour récupérer leur fourrure et les revendre sur le nouveau marché américain quand ils sont attaqués par un groupe d'indiens à la recherche de la fille de leur chef, Powaqa. Parmi les trappeurs se trouve un britannique (?) Hugh Glass et son fils, issu d'une relation avec une indienne, qui semblent connaître la région (y at-t-il vécu avec sa femme?) et vont guidés les survivants par bateau, puis à pied, vers leur camp de base. Les animosités enflent, notamment entre le fils de Hugh et un des trappeurs, John Fitzgerald et le groupe se divise petit à petit. Alors qu'il chasse dans la forêt, Glass va se retrouver face à un grizzli qui le déchiquète littéralement des pieds à la tête, mais il survit et tue l'animal dont il va porter la peau pendant tout le reste de son périple. Mais il est très mal en point et le groupe n'arrive pas à avancer. Pour une raison inconnue, le capitaine de l'expédition est très attaché à Glass. Il va donc, moyennant récompenses, laisser deux hommes sur place avec Glass et son fils pour lui permettre de reprendre des forces. Parmi ces hommes, le fameux Fitzgerald, qui depuis le départ, ne cache pas sa haine envers Glass et son fils. Forcément, ce qui devait arriver arriva. Fitzgerald essaye de tuer Glass en faisant passer ça pour un acte de charité et comme le fils arrive et n'entend pas le laisser faire, il le tue sous les yeux de son père impotent et baveux. Au retour du troisième homme, il invente une histoire d'attaque des indiens pour le pousser à abandonner Glass à demi-enterré à son propre sort. Livré à lui-même et dans un état un peu zombifié, Glass va réussir à reprendre la route avec pour unique objectif: la vengeance. De là, se succèdent les plans séquences de nature et d'actions où Glass survit à un torrent et des cascades en chaîne, une chute de trente bons mètres avec un cheval, le froid, la faim, la glace, les attaques successives des indiens et des français, des loups... Pour finalement arriver au camp de base et raconter la trahison de Fitzgerald, qui est déjà reparti avec la caisse de l'expédition. Le capitaine et Glass partent donc à sa poursuite et tout le monde meurt.

CRITIQUE

Revenons quelques années en arrière avec le film sensation que j'ai personnellement vu au cinéma quatre fois, Avatar de James Cameron. Une chose m'avait déplus à la fin de ce film, c'était le grand méchant qui ne voulait jamais mourir, même blessé et même sans oxygène depuis plus de cinq minutes. Et bien j'ai eu ce sentiment pendant tout le visionnage de The Revenant.

Commençons par le début: Un camp de trappeurs attaqués par des indiens qui cherchent leur fille avec de temps à autre, des flash-back de Glass sur sa vie avec sa femme indienne et leur fils. Je pense que je ne suis pas la seule à avoir eu du mal à comprendre que la fameuse fille du chef, Powaqa et la femme que nous voyions dans les visions de Glass n'étaient pas la même. En tout cas, cela expliquerait une incohérence scénaristique de taille qui est que les indiens vont donc massacrer littéralement les britanniques (?) dans une scènes d'action surprenante qui n'épargne pas la sensibilité du spectateur, vont ensuite aller faire des affaires avec les Français qui sont finalement ceux qui ont enlevé la fameuse Powaqa. Il va falloir m'expliquer parce que l'incohérence est de taille. On ne nous montre pas l'enlèvement de la fameuse Powaqa, mais si j'étais le chef indien et que mon camp avait été attaqué et ma fille enlevée: 1. J'aurais noté dans ma tête des visages ou une langue (puisque le chef indien parle français), 2. Si je n'avais vraiment pas vu les hommes de près, au moins leur couleur de peau me pousserait à ne pas faire de différence entre des britanniques blancs et des français blancs.

Ensuite, je passe plusieurs détails minimes pour en arriver à l'après attaque du grizzli. Le capitaine s'apprête à tuer Glass qui les retardent de trop mais finalement non, parce que c'est le seul à connaître le chemin pour arriver au camp. Deuxième incohérence de taille. Deux minutes plus tard, il sort une carte et décide de laisser Glass avec deux de ses hommes et de partir tout seul... Il va falloir me donner des indices là. Parce que je ne sais pas pourquoi le capitaine est si attaché à Glass, ni même comment il peut s'en sortir dans ce paysage immense et sauvage alors qu'il vient de nous dire que Glass était leur seule option de survie. On continue à la même séquence. Le capitaine demande à ses hommes qui veut rester auprès de Glass pour lui laisser une chance de guérir. Le fils de Glass lève la main, logique. Puis, le gentil jeune de la bande qui n'a pas de famille. Et enfin, coup de théâtre, John Fitzgerald, LE mec qui depuis le début de leur fuite se bagarre avec Glass et son fils et a déjà juré publiquement de les tuer. Alors oui, on lui donne comme raison l'attrait de l'argent mais c'est un peu facile non? Et le capitaine, il vit au pays des bisounours un peu non? Parce que pour renforcer l'effet dramatique, on nous sert quand même une scène où le capitaine dit à Fitzgerald "Je te fais confiance". Forcément, le capitaine à peine parti, Fitzgerald tente d'étouffer Glass qui survit (Ah bé tiens!) et tue finalement son fils devant ses yeux, qui n'a pas hérité des gènes paternels parce qu'il décède après un pauvre coup de couteau où son père ouvert à chaud par un grizzli survit depuis deux jours dans le froid sans antibiotique...

Je passe rapidement sur la chute de trente mètres avec le cheval qui voit mourir le cheval mais pas Glass qui va ensuite évider le cheval et passer la nuit caché comme une grec qui s'apprête à prendre Troie... ... Pour arriver à la fin. Glass est arrivé au campement. Il a raconté son histoire au capitaine qui jure de tuer Fitzgerald qui s'est enfui avec la caisse. Les deux hommes partent à sa recherche et finissent par le repérer à moins d'un miles. Au lieu de rester ensemble, comme dans tous les films d'horreur bateau, ils se séparent. Le capitaine tombe sur Fitzgerald, chacun sort son arme. Noir, on entend des tirs. Et quand Glass arrive, le capitaine n'est pas mort par balle mais il n'a plus son scalp... Une nouvelle fois, qui veut bien m'expliquer ce qui s'est passé? Parce que les indiens ne sont pas dans les parages à ce moment. Le moment entre le coup de feu et l'arrivée de Glass sur les lieux prend environ 1 minute réelle. Fitzgerald déteste profondément les indiens et leurs coutumes dites "sauvages". Alors ma question est celle-ci: Comment est mort le capitaine et qui a pris son scalp? La fin toujours avec la bataille "épique" entre Fitzgerald et Glass. Il y a des couteaux dans la cuisse, des doigts coupés à la hache, des oreilles arrachées à la Mac Tyson... Et tatataaaaa, alors que Glass prend l'avantage et va tuer Fitzgerald, double rebondissement: 1. Fitzgerald démonte tout le film en disant "la vengeance ne ramènera pas ton fils", 2. les indiens sortent de nulle part avec la Powaqa libérée quelques jours plus tôt par Glass d'un viol par les français (le monde sauvage est donc décidément petit) et vont achever Fitzgerald en lui prenant son scalp... J'arrête là pour la liste des incohérences parce que l'article sera trop long mais clairement, ce film manque de travail ou a été coupé de trop nombreuses scènes parce que les questionnements au cours du film ne cessent d'être plus nombreux et les portes ouvertes de ses questionnements ne se ferment jamais. Cependant, du positif. La réalisation est très belle et très soignée. Forcément, sachant que le tournage n'a été fait qu'en lumière naturelle et que les acteurs comme l'équipe se sont vraiment exténués à la tâche, on ne pouvait qu'attendre un rendu magique avec une photographie parfaite, très réaliste et des cadrages audacieux. Les acteurs sont tous bons dans leur genre, ils font le boulot, mais je dois dire que je m'attendais à plus surprenant. J'ai vu le film en VO et Tom Hardy est juste incompréhensible. Leonardo Di Caprio donne tout mais nous y sommes tellement habitués qu'il ne surprend pas autant que dans son rôle d'Aviator par exemple. La seule révélation à mon sens, vient de Will Poutler que je ne connaissais pas dans ce genre de rôle et qui arrive à faire ressortir la dualité coupable d'un personnage gentil mais trop naïf qui voudrait pouvoir revenir en arrière mais se sait trop faible.

Pour conclure je finirai sur ce qui m'a manqué le plus dans ce film: une base. Glass a l'air d'avoir été dans un camp indien mais on sait ni s'il y est né, ni s'il a participé au massacre qui le voit retourner sa veste culturelle pour protéger "son fils", ni pourquoi, s'il a tant de haine envers les colons, il décide de les rejoindre à nouveau dans cette expédition de chasse à la fourrure, ni même quelles sont ses croyances (on voit une église et on entend les paroles mystiques de sa femme mais où se situe-t-il?). Bref, le personnage de Glass n'a pas assez de profondeur à l'écran et ça tue réellement le film. Comme vous vous en doutez, je ne conseille pas d'aller voir The Revenant au cinéma. Par contre, je pense qu'il est judicieux de le voir pour la prestation des acteurs et pour la direction à l'image. Une soirée devant la télévision lorsque le film sortira en DVD ou en streaming, ça ne peut pas vous faire perdre trop de temps.

 

Retour à l'accueil