Jessica Jones, affiche

Jessica Jones, affiche

Ces derniers temps, je n'ai pas forcément perdu mon temps en regardant la série Jessica Jones sortie sur Netflix l'année dernière, créée par Melissa Rosenberg avec dans les rôles principaux Krysten Ritter et David Tenant.

Le pitch

Dans un monde où les héros sont plutôt bien connu, Jessica Jones, jeune femme dotée d'une force surhumaine, est une détective privée qui vit seule dans un appartement un peu sordide entourée de voisins loufoques et semble porter un lourd fardeau. Alors qu'elle enquête sur une énième affaire d'adultère, elle est contactée pour retrouver une jeune femme, Hope Shlottman, disparue mystérieusement depuis des mois. Alors qu'elle remonte la piste, Jessica Jones se rend compte que la jeune femme recherchée n'est autre qu'une nouvelle victime de l'ennemi mortel qui hante ses cauchemars, Kilgrave. S'en suit un dilemme de taille: doit-elle fuir pour protéger sa propre vie? Ou bien doit-elle sortir la pauvre Hope des griffes de ce maniaque manipulateur?

Ma critique de la saison 1

Autant le dire de suite, Jessica Jones est une série à fort potentiel qui ne casse pour le moment pas encore la baraque. Je m'explique. Qui attendait le retour de cet acteur magique qu'est David Tenant après des rôles plus que génialissimes dans Broadchurch, Doctor Who ou encore Harry Potter? Je suis sûre que je n'étais pas la seule! Et ce retour dans Jessica Jones est pour le moins réussi. David Tenant a ce grain de folie décalé qui le rend assez inquiétant malgré un physique plutôt chétif. Cependant, face à une Krysten Ritter qui est déjà assez effacée (du fait du rôle), je suis tout à coup beaucoup moins convaincue par ce choix de casting pour Kilgrave.
Dans l'épisode pilote, le réalisateur S. J. Clarkson insiste sur les faiblesses de notre héroïne/anti-héroïne (à débattre plus tard). Jessica Jones est une femme traumatisée, qui a été manipulée et en garde des stigmates psychologiques forts. Et l'on ne peut pas dire qu'elle décide de prendre les décisions les plus saines pour remédier à tout cela: elle boit plus que de raison, décide de coucher avec un homme dont elle connaissait la femme, met en danger sa réputation, travaille avec une avocate narcissique... Bref, elle est étrangère à elle-même, à sa nature d'héroïne et à ses principes de justice. C'est donc un personnage féminin complexe, l'une des rares héroïnes Marvel à avoir un vrai statut de femme indépendante. Mais bien sûr, c'est sans compter ce passé terrible de femme soumise (au sens le plus fort du terme). Avec une telle femme comme personnage principal, qui est d'ailleurs bien interprétée par Krysten Ritter, l'on s'attend donc à voir arriver un Kilgrave en face bien plus noir et inquiétant, plus manipulateur encore et surtout, plus déterminé à s'acharner sur la pauvre Jessica.


Où se situe donc le problème? Casting? Scénario? Réalisation?
De mon point de vue, la réalisation est vraiment bonne. Il manque encore peut-être quelques plans séquences un peu tournoyants pour nous faire vivre parfaitement l'enfer psychologique de la mainmise de Kilgrave sur ses victimes, mais dans l'ensemble, l'image aux tons sombres et les lieux exigus sont bien exploités.
Pour ce qui est du scénario, j'apprécie les mises en lumière de personnages à priori insignifiants, qui prennent de l'importance au fil des épisodes. Je suis assez séduite aussi par la construction du personnage principal. Jessica Jones prend de l'assurance et sort enfin de cette dépression post-traumatique qui avait tendance à m'agacer au départ. Par contre, je redoute un peu l'effet domino d'un parallèle trop simple entre le pouvoir de Kilgrave et les retournements de situation. Je comprends tout à fait l'importance, voire la nécessité, de nourrir la série avec des rebondissements, mais là, je commence déjà à me lasser. A chaque fois que nous pensons pouvoir nous poser un moment pour en apprendre plus sur le passé ou la psychologie d'un personnage (je parle surtout là de Jessica et de Kilgrave), nous nous retrouvons soudain avec une "trahison" de l'un ou de l'autre qui nous fait retomber dans l'action et dans le défilé de tortures ou de meurtres sans grande utilité. Il y a donc selon moi un problème de rythme qui s'annonce bien à des moments et se retrouve gâché par un souci de tenir le lecteur par l'horreur. Kilgrave est ainsi me direz-vous... Personnellement, je risque de ne plus accrocher pour cette raison. Je trouve cela trop facile. Si je veux voir les dix manières les plus affreuses de tuer des humains, je regarde Game of Thrones. Là au moins, l'ambition des personnages et le caractère médiéval de la série amènent logiquement à ce genre de spectacles.
Enfin, comme je le disais plus haut, nous avons ce duo d'acteur qui fonctionne sur le papier, mais qui n'est qu'amoindri à l'écran. David Tenant et Krysten Ritter se tirent selon moi vers le bas. Chacun, prit séparément, a une force de persuasion du spectateur qui en redemande et attend d'en voir plus, mais dès qu'ils se retrouvent ensemble, tout retombe comme un soufflet. Cela m'attriste parce que je connais le potentiel de ces deux acteurs que j'ai admirés sur des dizaines d'autres projets, mais là, ça ne fonctionne pas autant qu'il faudrait que cela fonctionne.

Je ne tiens pas à parler pour le moment des personnages secondaires qui servent plutôt bien leur rôle malgré des facilités scénaristiques. J'espère que les saisons à venir prendront plus le temps de les mettre en valeur.

D'une manière générale, je n'ai pas détesté cette série. J'en ressors tout de même frustrée et un peu insatisfaite. J’attends la suite avec un peu d'exigences et beaucoup d'impatience. Ce sera donc quitte ou double. Pour ce qui est de mon conseil à regarder cette série, je dirai qu'elle peut passer après certains gros poissons du moment qu'il ne faut pas manquer, mais que si vous avez du temps à perdre, vous pouvez vous y essayer!

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